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Dr Daniel Gams Massi : Au Cameroun, “la méningite tuberculeuse est la principale cause d'infection du système nerveux"

Après avoir réalisé des progrès considérables dans la lutte contre la tuberculose, les pays africains tentent d'améliorer la prise en charge d'une forme très rare de la maladie : la méningite tuberculeuse.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le

Alors que le nombre de décès dus à la tuberculose continue de baisser en Afrique, une forme de la maladie continue de faire des ravages. Il s'agit de la méningite tuberculeuse, qu'on appelle aussi tuberculose neuroméningée. 

Il faut savoir que le bacille de Koch, responsable de la tuberculose, s'attrape par les voies aériennes supérieures. Il pénètre quasiment toujours par le poumon, et se traduit par des troubles respiratoires. Mais dans de très rares cas, 2% environ, il se diffuse via le sang dans le système nerveux central, et les membranes qui l'enveloppent, les méninges. C'est ce qu'on appelle donc une méningite tuberculeuse. 

Cette maladie est mortelle dans 30% des cas. Un tiers des patients garderont des séquelles telles que des ou des paralysies ou des troubles de la mémoire. Pour les éviter, il faut un traitement associant quatre antibiotiques pendant un an car le bacille est particulièrement difficile à éliminer lorsqu'il a atteint le cerveau. Au Cameroun, la fréquence de la tuberculose neuroméningée inquiète. Pour en savoir plus, on a échangé avec le Docteur Daniel Massi Gams, neurologue épileptologue à l’hôpital général de Douala. Entretien.    

Allo Docteurs Africa : Qu’est-ce que la méningite tuberculeuse ? 

Dr Daniel Gams Massi : C’est une infection des méninges, ces enveloppes qui recouvrent le cerveau, par le microbe de la tuberculose. Elle est assez fréquente au Cameroun, puisqu'elle représente plus de 14% de l’ensemble des méningites. La méningite tuberculeuse touche les populations de tous âges, de tous genres, mais surtout celles avec certains facteurs de risques, notamment les personnes vivant avec le VIH qui ne sont pas bien suivies, celles qui souffrent de malnutrition et les patients avec des cancers avancés ou sous traitements immunosuppresseurs. Les alcooliques chroniques sont aussi des sujets susceptibles de développer la méningite tuberculeuse plus que les autres. 

A.D.A : On sait que le diagnostic n’est pas facile à poser, pourquoi ?

Dr  D.G.M : Il faut déjà savoir que les patients vont souvent présenter des symptômes plus ou moins classiques de la méningite avec des  céphalées, des maux de tête, des vomissements. À l’examen, on aura  ce qu’on appelle le syndrome méningé, avec la nuque raide. On a aussi des patients qui peuvent présenter des crises d’épilepsie ou des troubles de la mémoire qui vont progressivement évoluer. Et lorsqu’on reçoit ces patients-là en consultation, ils ont souvent une fièvre qui peut être plus ou moins importante. On effectue une imagerie cérébrale qui peut être le scanner, qui est le plus souvent utilisé ou l’IRM qui est l’examen de choix pour identifier les lésions causées par cette méningite tuberculeuse. 

Une fois que l’examen a été réalisé, il est important de faire ce qu’on appelle une ponction lombaire. Malheureusement, elle est souvent réalisée tardivement car les premiers symptômes alertent peu les médecins. Ensuite, il faut faire des tests poussés pour isoler le germe responsable de cette maladie, notamment des tests génétiques. 

A.D.A. : De façon globale, quelle est la situation de cette maladie au Cameroun ? 

Dr  D.G.M : La méningite tuberculeuse est une pathologie fréquente. Nous avons réalisé une étude à l’hôpital général recensant tous les cas d’infection du système nerveux. Nous nous sommes rendus compte que la méningite tuberculeuse était l’une des principales causes de ce type d'infection. Elle concernait environ 8% des patients lors de cette étude à l’hôpital général. 

A.D.A : Comment prévient-on la méningite tuberculeuse ?

Dr  D.G.M. : La prévention des formes graves de la tuberculose passe par le vaccin BCG. On sait que qu’il ne va pas empêcher l’infection, mais va réduire le risque de développer une forme grave de la tuberculose. Notamment la méningite tuberculeuse qui est la forme la plus grave de la tuberculose. C’est une pathologie pour laquelle le traitement sera lourd. Il va durer  au moins  un an. C’est la raison pour  laquelle il vaudrait mieux prévenir que guérir ce genre de cas. Nous recommandons fortement la vaccination. 

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