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L’Afrique centrale produit de plus en plus de médicaments

Le Cameroun, le Gabon et la République démocratique du Congo se sont dotés d’entreprises spécialisées dans la fabrication de produits pharmaceutiques. Leur apport reste néanmoins faible en raison du petit nombre de commandes ou de doutes sur la qualité.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le , mis à jour le
L'Afrique manque de médicaments  —  Shutterstock

L'Afrique en manque et en souffre. L’absence d’une importante quantité de médicaments dans les rayons de pharmacies est durement ressentie. Au Cameroun, le Conseil National de l'Ordre des Pharmaciens du Cameroun a pris la mesure des dégâts et explore, aux côtés du gouvernement, des solutions. 

Dans la "note d’information"  du 17 février, son président, le Dr Franck Nana encourage la production nationale "en rappelant sa place et son importance dans la vie pharmaceutique nationale encore plus vu le contexte mondial". Il espère que les industries locales comme celles que l’on trouve au Gabon ou en République démocratique du Congo parviendront à soulager les populations.

Développer l'industrie du médicament

Au Cameroun, sept opérateurs se partagent le marché de la fabrication des médicaments. L’un deux, Africure, est soutenu par un investisseur indien. Les produits pharmaceutiques fabriqués au Cameroun sont exportés dans d’autres pays d’Afrique centrale, comme au Tchad, en République Centrafricaine et en Afrique de l’Ouest (Bénin, Côte d’ivoire). Les autorités sanitaires mettent tout en œuvre pour promouvoir l’industrie locale du médicament.

Il y a un an, le ministère de la Santé publique a pris plusieurs mesures : allègement des procédures de délivrance des autorisations de mise sur le marché des produits fabriqués localement, définition des quotas de commande par les grossistes (70/30), réduction du délai de délivrance des agréments, promotion d’un dialogue franc entre grossistes et industriels pour des accords commerciaux et financiers viables...

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Le Gabon, pays pionnier

Le Gabon, lui, s’est offert sa première usine de fabrication de médicaments en 2020. Elle s’appelle La Santé Pharmaceutique (LSP) et est spécialisée dans la production de 30 variétés de produits génériques comme les antibactériens, les antidiabétiques, les antidépresseurs, les antipaludiques, les antihistaminiques...

Fruit de l’investissement d’hommes d’affaires indiens, elle a coûté 20 milliards de Francs CFA. L’usine située à 27 kilomètres de la capitale Libreville peut produire chaque jour un million de comprimés, 150 000 flacons de sirop, 50 000 pommades et 500 000 gélules. Les principaux clients de La Santé Pharmaceutique sont les grossistes privés PharmaGabon et Ubipharm et l'Office pharmaceutique national (OPN). L’entreprise cible les marchés congolais, camerounais, sénégalais et équato-guinéen. 

Des problèmes de qualité ?

En République démocratique du Congo, premier pays d’Afrique centrale à s'être lancé dans l’industrie pharmaceutique, c’est depuis 2006 que les produits médicamenteux sont promus. Cette année-là, l’État a interdit l’importation de 21 produits génériques au profit des médicaments fabriqués sur place. Le chiffre est passé à 35 en juillet 2022. 24 entreprises existent actuellement et 15 sont en cours de création. Mais ces dernières années, des doutes ont été émis sur la qualité des produits. 

Certains experts expliquent que le pays n’a pas les moyens d’effectuer les contrôles nécessaires, notamment ceux qui concernent la composition chimique des produits médicamenteux. Le climat chaud et humide du pays complique également leur stockage. C’est la preuve que la révolution amorcée par les États dans le domaine de l’industrie pharmaceutique connaît des écueils. 

Un intérêt restreint pour le moment

Au Gabon, les débuts sont plutôt difficiles pour la LSP. À la fin du mois de septembre 2022, ses responsables annonçaient une faible production liée à une "baisse des commandes".  L’on signalait que 14 médicaments fabriqués sur le site n’étaient pas vendus dans les pharmacies. “Nous travaillons avec le gouvernement pour améliorer l’intégration de l’entreprise dans la chaîne de distribution locale de médicaments, avec une présence plus affirmée dans l’intérieur du pays“, déclarait alors un responsable de la société.  

Au Cameroun, seulement 2 % des produits pharmaceutiques produits sur place sont visibles sur le marché local selon la direction de la pharmacie, du médicament et des laboratoires du ministère de la Santé publique (Minsanté). Les 98 % restants sont importés. Il faudra encore attendre pour voir l’essor de ce projet dans lequel se sont également lancés le Maroc, le Kenya, la Tunisie, l'Afrique du Sud et l'Égypte.             

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