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Plan zéro-lèpre en Afrique Centrale

Que ce soit au Cameroun, au Gabon ou au Tchad, la lutte contre la lèpre est stimulée par une meilleure détection des cas.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le
Une femme atteinte de la lèpre  —  OMS

La lèpre, bientôt un triste souvenir ? Probablement, car en Afrique, cette maladie chronique est en cours d’éradication. 46 pays du continent ont éliminé la lèpre comme problème de santé publique. Et en Afrique Centrale, les autorités camerounaises, gabonaises et tchadiennes multiplient leurs efforts pour éliminer cette maladie tropicale négligée (MNT). Car à côté des progrès, de nombreux pays du continent rapportent chaque année une proportion très élevée des formes contagieuses de la lèpre. 

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Causée par le bacille Mycobacterium leprae, la lèpre touche principalement la peau, les nerfs périphériques, la muqueuse des voies respiratoires supérieures ainsi que les yeux. Elle se manifeste au début par des tâches décolorées sur la peau, sans démangeaison ni douleur, avant de provoquer une invalidité au bout de plusieurs années, ce qui explique que beaucoup de personnes se font diagnostiquer tardivement. Faute de traitement, la lèpre peut entraîner des lésions progressives et permanentes de la peau, des nerfs, des membres et des yeux. 

Plan zéro-lèpre en Afrique Centrale

Dans l'objectif de respectif la stratégie mondiale de lutte contre la lèpre 2021-2030 qui vise à obtenir zéro cas de lèpre, zéro cas d’infirmité et zéro discrimination, les pays d'Afrique centrale intensifient leur lutte. Pour définitivement vaincre cette maladie, les autorités camerounaises ont entrepris d’installer des centres de prise en charge de la lèpre et ses complications. L'objectif est de dépister et traiter rapidement les cas, afin d’éviter le handicap. Car le diagnostic précoce de la maladie permet un traitement à base de combinaison de plusieurs médicaments encore appelée polychimiothérapie antilépreuse (PCT) introduite depuis 1980 et qui permet dès la première prise de tuer 99,99% des microbes responsables de ce fléau. Ce qui empêche ainsi les malades de contaminer les autres. 

Un peu plus loin, le voisin tchadien continue de bénéficier de l'appui de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans sa lutte. Si la lèpre n'y constitue plus un problème de santé publique depuis 1997 avec une prévalence de moins de 1 cas pour 10.000 habitants, le Tchad continue de rapporter des cas chaque année avec une proportion très élevée des formes contagieuses, à savoir 80% des 330 cas rapportés en 2021.

Au Gabon, la lèpre est sous-diagnostiquée et sous-notifiée. Mais "on continue de dépister, tous les ans, de manière passive, bon an mal an, une dizaine de cas"nous expliquait la Docteure Annick Mondjo, médecin de santé publique et directeur du Programme de lutte contre les maladies infectieuses. Avant d'ajouter que  "l'intégration de la prise en charge des maladies tropicales négligées cutanées dans les service généraux de santé est un projet à poursuivre". 

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